L'alphabétisation est une composante indissociable à tout projet de développement. Elle permet aux populations, et plus particulièrement aux femmes, de s'ouvrir vers l'extérieur et d'être moins "ignorantes"des dangers qui les entourent (paludisme, mal nutrition, droit de la femme...). Cet apprentissage permet à ces populations d'apprendre à compter, à écrire et à lire dans le but de créer et de développer leurs activités économiques. De plus, par son caractère ludique, la formation d'alphabétisation permet de sensibiliser les femmes et les hommes sur les droits de la femme, l'environnement, le paludisme...

Au Burkina Faso, les formations d'alphabétisation se déroulent en trois temps :
- Première année : "Alphabétisation Initiale". C'est 70 jours de formation pour initier les bénéficiaires à la lecture, à l'écriture et aux calculs en langue locale. Dans la région de l'Est, il y a trois langues principales : le morré, le gourmatchéma et le polarr.
- Deuxième année : "Formation complémentaire de base". Pendant 70 jours, l'animateur du centre d'alphabétisation, aura pour objectif de renforcer les acquis de la formation précédente et d'initier les bénéficiaires à la gestion d'un groupement (regroupement de villageois qui travaillent ensemble pour le bien être communautaire et le développement d'activités économiques).
- Troisième année : « Apprentissage du français fondamental de fonctionnement ». Ici, la formation dure 5 mois et l'objectif est d'amener les bénéficiaires au CECP (diplôme passé à la fin du CM2 pour être reçu en sixième).

Les formations d'alphabétisation ont été lancées en ce début de mois de février. Cette période est la plus propice car les populations rurales n'ont pas d'activité agricole. La semaine dernière, j'ai pu participer au dépôt du matériel dans trois centres d'alphabétisation situés à 60 km de Fada N'gourma. Chacun de ces centres d'alphabétisation ont été équipésde 6 tables, 6 bancs, 1 bureau et une chaise pour l'animateur, une règle et un tableau noir. Les trois centres d'alphabétisation visités étaient implantés sous des manguiers. Ces arbres, par leur grande taille et leur feuillage épais, apportent de la fraicheur.
Le nombre de bénéficiaires par centre est de 30 personnes en moyenne. Afin d'assurer le suivi de ces centres, un superviseur est nommé pour cinq centres d'alphabétisation. Ce dernier veille au bon déroulement de la formation et à l'assiduité des bénéficiaires.

Petite histoire :
Un des villages où nous avons déposé le matériel s'appelle Dasamlafo qui signifie « Faut pas gâter son argent ». En d'autres termes, il ne faut pas gaspiller l'argent que l'on dispose.